Totalement d'accord avec ce qui a été dit. J'ai connu cela par deux fois. La première en 74. nous étions ma femme et moi avec deux de nos enfants, sur l'île Ste Marguerite en face de Cannes.
Le ponant se levant nous avons décidé de rentrer sur le cap d'Antibes (7 km), d'où nous étions partis. Grosse erreur! il eut été préférable d'attendre sur place.
Le bateau était constitué de deux flotteurs réunis en pointe à la proue. Le diamètre de ceux-ci s'avérait bien inférieur à celui d'un Zod Marck l. Quant au moteur, un 4cv Johnson, bien que plutôt vaillant, n'était pas de nature à nous permettre d'échapper rapidement à une mer déjà bien formée.
Les vagues arrivaient par l'arrière de sorte que lorsqu'elles passaient nous avions la sinistre impression de reculer. Des appels au secours à l'adresse d'un voilier passé tout prés de nous et presque couché sur l'eau, sont restés sans réponse.
Bonnant-malan, les 7 km ont été avalés plus vite qu'à l'aller dans la mesure où les mouvements de la mer nous poussaient efficacement, le moteur servant au mieux, de gouvernail.
Autre mésaventure: Mon Zod actuel, un srmn de 5m, était ancré au delà des bouées jaunes près de la plage de la Madrava à 9 km de Dénia.
Bien que la fiabilité du corps-mort installé sur un haut-fond soit grande, le bateau étant fouetté sur le côté par des vagues grossissant d'heure en heure, j'ai estimé qu'il était plus prudent de sortir le bateau.
Sur la plage?...L'opération paraissait bien périlleuse. Alors, décision fut prise de naviguer jusqu'au port de Dénia.
Malgré palmes, masque et tuba, je n'arrivais pas à décoller du bord pour rejoindre le bateau à la nage. Avec l'adjonction d'un flotteur j'ai enfin pu enfin rejoindre celui-ci.
Le démarrage devait s'effectuer sans problème, mais à une centaine de mètres de là, une déferlante d'assez belle taille se présenta face au SR.
Rester sur la même allure aurait consisté à se faire avaler par la masse d'eau menaçante.
Je du mettre la gomme avec le 80 cv, jouant le tout pour le tout. A peine avais-je le sentiment de passer j'ai réduit singulièrement les gaz afin d'éviter un vol plané trop violent.
Ce danger écarté, je me suis dépêché de partir au large afin d'échapper aux déferlantes qui semblaient manifestement, plus fortes à une centaine de mètres de la plage.
Pour autant, je n'en avais pas fini avec les vagues. En effet, plus au large celles-ci prenaient des dimensions que l'on ne soupçonne pas de loin.
Je voyais arriver des montagnes d'eau sur moi. Impossible d'y échapper. Et là, seule une petite vitesse s'autorisait pour ne pas perdre l'équilibre.
Bien entendu, j'avais enfilé un gilet, mais je n'étais pas tranquille pour autant. Assez curieusement, le sommet de ces vagues me laissait le loisir d'accélérer, à condition d'y rester assez longtemps. Je précise que ces dernières ne cassant pas, leur sommet devait avoir une largeur de 2 mètres. Ce qui me laissait le loisir de naviguer sur la vague dans le sens de sa largeur.
Je n'ai croisé dans ce véritable odyssée, que deux bateaux, deux chalutiers qui rentraient au port.
Une fois la longue digue de celui-ci passé je me suis soudainement senti soulagé, même impressionné par le calme des eaux du port.
Voila deux récits qui ont pour but d'informer sur des situations que chacun de nous peut rencontrer au cours de ses sorties en mer.
Si j'ai un conseil à donner c'est celui de garder en toute circonstance son sang froid. L'affolement peut coûter très cher.
Lorsque les évènements se présentent sous leur mauvais jours, l'impression qui se produit c'est qu'on n'est pas synchronisé avec la réalité de la situation. Un mauvais rêve, en quelque sorte...Le sentiment d'être piégé par sa propre imprudence.
Et là, la panique n'est pas un refuge. On doit sous peine d'y rester, affronter le plus adroitement possible, les éléments par des gestes préalablement envisagés.
C'est d'ailleurs le grand intérêt du post. Bravo à Allowin !!!


Burtiflup